Comment financer une association en 2026 : toutes les solutions à connaître
- Émilie

- 2 mars
- 8 min de lecture
Financer une association devient de plus en plus difficile : on parle d’une véritable crise du secteur associatif.
Inflation, concurrence accrue, baisse des subventions… 62 % des structures déclarent manquer de ressources pour mener leurs actions. Aujourd’hui, pour assurer la pérennité d’une association loi 1901, il est essentiel de diversifier ses leviers de financement.
Dans ce guide complet, vous découvrirez comment trouver des financements pour une association, des subventions publiques aux solutions d’autofinancement plus simples à mettre en place.

SOMMAIRE :
👉 L'importance de diversifier ses revenus
👉 L'autofinancement
👉 Les subventions publiques
👉 Le financement par le don
👉 Le mécénat et parrainage
👉 Le financement participatif
👉 La Commande Groupée solidaire
Pourquoi diversifier les sources de revenus pour financer d’une association loi 1901 ?
Aujourd’hui, la baisse progressive des subventions publiques, la concurrence entre structures et l’augmentation des charges obligent les associations à repenser leur modèle de financement.
Diversifier ses financements permet de :
Sécuriser la trésorerie (charges, frais de fonctionnement, etc.)
Financer un projet associatif spécifique
Créer ou pérenniser un emploi
Réduire la dépendance aux aides publiques
Anticiper les imprévus
Plus vos sources de financement sont variées, plus votre association est solide et résiliente.

Les différents types de financement pour une association
Pour financer ses projets, une association, quelle que soit sa taille ou son ancienneté, doit combiner plusieurs leviers : des ressources internes aux aides financières extérieures, en passant par les événements associatifs et les actions de terrain.
Cette liste s’adresse à tous les profils associatifs : associations culturelles et sportives, de parents d’élèves, étudiantes ou BDE, ou encore projets humanitaires et initiatives locales.
Chaque source de financement a ses avantages, ses contraintes et son potentiel ! À vous de construire la combinaison la plus durable et réaliste pour collecter des fonds et faire vivre votre projet associatif.
Passons-les en revue.

1) L’autofinancement
L’autofinancement repose sur les ressources générées directement par l’association.
Les cotisations et droits d’entrée des membres
Une cotisation est une somme d’argent versée par les membres d’une association pour contribuer à son fonctionnement. Qui fixe le montant ? Est-ce obligatoire ? Voyons cela.
Les statuts de l’association (et parfois le règlement intérieur), précisent :
L’instance qui fixe le montant (Assemblée Générale, conseil d’administration, bureau)
La périodicité (annuelle, semestrielle, mensuelle)
Les modalités de paiement (échéance, début d’année civile ou scolaire)
Les éventuelles sanctions en cas de non-paiement (exclusion, suspension, perte du statut de membre actif, etc.)
💡 À noter : si le montant de la cotisation figure dans les statuts, toute modification nécessite une assemblée générale.
Par ailleurs, des catégories d’associations, comme les associations communales de chasse agréées, ne peuvent pas fixer librement le montant des cotisations.
En complément, les statuts peuvent prévoir un droit d’entrée, redevable une seule fois lors de l’adhésion initiale d’un nouveau membre. Ce montant n’est ni renouvelable, ni périodique.
Enfin, si votre association est reconnue d’intérêt général, les cotisations peuvent ouvrir droit à une réduction d’impôt pour le donateur, tant qu’elles ne donnent pas lieu à une contrepartie directe ou indirecte. Pensez à le signaler à vos adhérents !
Les événements associatifs
Organiser des manifestations est un excellent moyen de collecter des fonds tout en animant la vie associative. C’est aussi une occasion de se faire connaître, recruter des membres et fédérer autour de votre projet.
Exemples d’événements à but lucratifs :
Lotos, kermesses, tombolas
Buvettes, repas solidaires, barbecues
Concerts, spectacles, projections, conférences
Vide-greniers, brocantes
Courses solidaires, tournois sportifs
Galas de charité, bals associatifs
Une association peut organiser jusqu’à 6 manifestations de soutien par an sans conséquences fiscales spécifiques. Certaines activités (loteries, lotos, tombolas) sont soumises à des conditions précises : par exemple, elles doivent être organisées par une association dont l'objet est la bienfaisance, l'encouragement des arts ou le sport, selon la circulaire du 30 octobre 2012.
📌 Tout savoir sur les événement associatifs

Les ventes de produit ou prestations de services
Une association loi 1901 peut exercer des activités lucratives, c’est-à-dire générer des recettes par la vente de produits ou de services.
Voici quelques idées de ventes pour collecter des fonds dans une association :
Produits dérivés : t-shirts, sweats, sacs, mugs, stylos
Articles culturels ou artisanaux : calendriers, livres, affiches, cartes, objets faits main
Produits alimentaires : chocolats, gâteaux, produits régionaux, paniers garnis…
Prestations ponctuelles : cours, ateliers, formations, animations culturelles ou sportives
💡 Bon à savoir : Mettre en place une boutique en ligne permet de vendre toute l’année, sans dépendre d’un événement ponctuel. Il s’agit toutefois d’une activité commerciale, soumise aux mêmes règles fiscales que les autres ventes.
Ce que dit la réglementation :
Si les recettes des activités commerciales deviennent prépondérantes, l’association peut être requalifiée et soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), la TVA et à la contribution économique territoriale (CET).
Dans ce cas, il faut :
Distinguer les activités commerciales du reste (objet statutaire)
Tenir une comptabilité associative rigoureuse (avec suivi des recettes par activité)
Prouver une gestion désintéressée et éviter la concurrence directe avec des entreprises
Lorsque le montant des recettes issues des ventes ou services dépasse 80 000 € par an, l’association entre dans un régime fiscal spécifique.
Elle doit alors :
Déclarer ce dépassement à son centre des finances publiques
Établir un bilan comptable complet (comme une entreprise)
Remplir les obligations déclaratives classiques (bilan, compte de résultat, etc.)
Ces obligations concernent toutes les associations, quel que soit leur domaine d’action.
💡 À noter : Même sans franchir ce seuil, il est conseillé de tenir une comptabilité claire et séparée et de faire valider vos pratiques par un expert-comptable si vous avez un doute.

2) Les subventions publiques
Pendant longtemps, les subventions publiques, ont été le pilier du financement associatif. Mais aujourd’hui, la réalité est bien différente : les places sont chères.
En 2025, les subventions publiques aux associations ont baissé de 110 000 €. Le budget 2026 reste incertain. Face à cela, préparer un bon dossier ne suffit plus : il faut être stratégique et rigoureux.
Tout d’abord, toute association déclarée, disposant d’un n° SIRET et immatriculée au répertoire Sirene, peut solliciter une subvention publique.
💡 À noter : Exception à la règle, les associations cultuelles et certains dispositifs soumis à agrément ministériel.
Ces aides financières, accordées en numéraire ou en nature, peuvent être octroyées par l’État, les collectivités territoriales, établissements publics administratifs, organismes de sécurité sociale et autres organismes administratifs.
3 types de subventions existent :
Subvention de fonctionnement pour vos charges courantes (loyer, matériel, salaires)
Subvention d’investissement pour un achat ou un aménagement important (local associatif)
Subvention pour un projet (événement, action nouvelle, expérimentation…)
Pour faire sa demande de subvention, vous devez utiliser le formulaire Cerfa n°12156. L’autre option est de passer par des plateformes en ligne : Le Compte Asso (sport, jeunesse, éducation, FDV), Démarches-simplifiées.fr (culture, projets divers).
Une fois la subvention accordée, certaines règles s’imposent :
Convention obligatoire si la subvention dépasse 23 000 € : elle précise l’objet, le montant, les conditions d’utilisation.
Comptes annuels à établir (bilan, compte de résultat, annexe) si le total des subventions reçues dépasse 153 000 € par an.

3) Le financement associatif par les dons
Le financement par les dons est l’un des leviers les plus accessibles pour une association. Il repose sur un principe simple : des particuliers ou des entreprises soutiennent votre projet sans attendre de contrepartie.
Bien que précieuses, ces formes de soutien obéissent à des règles spécifiques qu’il vaut mieux connaître pour éviter toute erreur.
Le don manuel
Le don manuel est le mode de don le plus courant et le plus facile à mettre en place. Toute association peut recevoir des dons manuels sans autorisation préalable.
Le don est toujours gratuit, c’est-à-dire sans contrepartie directe ou indirecte. Il peut être en argent (espèces, chèque, virement) ou en nature (matériel, équipements, biens mobiliers).
Cependant, pour un bien immobilier, un acte notarié est obligatoire.
Si le total des dons reçus dépasse 153 000 € par an, l’association doit faire certifier ses comptes par un commissaire aux comptes et publier ses comptes annuels au JOAFE.
💡 Bon à savoir : Si votre association est reconnue d’intérêt général, vous pouvez délivrer un reçu fiscal ouvrant droit à une réduction d’impôt pour le donateur.
Les donations et legs
Les donations et legs permettent à un donateur de transmettre un patrimoine à une association à titre gratuit (c'est-à-dire sans contrepartie).
La donation s’effectue du vivant du donateur, le legs, par testament. Ces libéralités doivent être formalisées par acte authentique ou par acte sous signature privée, selon les cas et doivent être déclarés en préfecture.
Pour les associations reconnues d’utilité publique, les donations et legs sont soumis aux droits de mutation, avec un taux applicable est de 35 % pour tous don inférieur à 24 430 € (fiscalité proche des successions entre frères et sœurs).
Au-delà, le don est taxé à 45%.
Pour les autres associations, les dons sont taxés à 60 %, après un abattement de 1 564 €.
L’appel à la générosité du public
Faire appel à la générosité du public, c’est solliciter des dons auprès du grand public pour financer une cause d’intérêt général : action sociale, humanitaire, culturelle, éducative, environnementale, etc.
Cette pratique est strictement encadrée par la loi (Article 3 de la loi du 7 août 1991, modernisée en 2015 et 2021).
Ce qu’il faut retenir :
En dessous de 153 000 € de dons collectés, aucune formalité spécifique n’est requise.
Au‑delà de ce seuil (sur un exercice ou l’un des deux précédents), l’association doit :
Effectuer une déclaration en préfecture
Établir des comptes annuels certifiés par un commissaire aux comptes
Produire un rapport sur l’utilisation des don
Publier ses comptes annuels au JOAFE
Bien maîtrisés, les dons peuvent devenir un complément essentiel aux autres sources de financement.

4) Le mécénat et parrainage associatif
Pour financer une association, deux formes de partenariat avec des entreprises existent : le mécénat et le sponsoring (ou parrainage associatif).
Mécénat : il s’agit d’un soutien apporté sans contrepartie commerciale directe à une association, par une entreprise ou un particulier. Il peut-être financier (don en numéraire), en nature (mobilier, matériel, mise à disposition de locaux…) ou un mécénat de compétences (expertise, savoir-faire).
Sponsoring : il s’agit d’un partenariat à visée commerciale entre une association et une entreprise. L’entreprise finance l’association en échange d’une contrepartie publicitaire (logo sur des supports, visibilité lors d’un événement, communication digitale…).
💡Bon à savoir : Le mécénat ouvre droit à une réduction d’impôt pour l’entreprise mécène, ce qui en fait un dispositif attractif pour soutenir un projet associatif. Le sponsoring est considéré comme une prestation de service commerciale et peut être soumis à la TVA et aux impôts commerciaux.
5) Le financement participatif
Le financement participatif, aussi appelé crowdfunding, consiste à collecter des fonds auprès d’un large public via une plateforme en ligne (HelloAsso, Ulule, KissKissBankBank), pour financer un projet précis.
Toutes les campagnes de crowdfunding ne fonctionnent pas de la même manière. On distingue généralement :
Don simple : contribution sans contrepartie (proche du don classique)
Don avec contrepartie : le contributeur reçoit un objet ou un avantage symbolique
Prêt (crowdlending) : les contributeurs prêtent de l’argent, remboursable avec ou sans intérêt
Pour financer une association via le crowdfunding, privilégiez un projet concret, un objectif chiffré et une forte mobilisation de votre réseau en amont.

La Commande Groupée solidaire : une aide financière pour les associations
Face à la baisse des subventions et à la complexité des dossiers administratifs, de nombreuses structures sont en recherche d’idées de financement pour leur association. De la petite association de village à l’organisation plus structurée, la Commande Groupée solidaire s’adapte à tous les profils.
La Commande Groupée repose sur un principe simple : les membres, bénévoles ou sympathisants passent commande ensemble et l’association perçoit une marge sur la commande réalisée.
L’association propose une commande groupée de produits (vins, bières, boissons sans alcool…)
Les participants commandent pour leur consommation personnelle
Une marge est reversée à l’association sur chaque achat
Il s’agit d’un levier d’autofinancement et donc d’une source complémentaire de financement simple et rapide.
Pour conclure, les subventions se raréfient, la concurrence augmente, les charges progressent... Pourtant, vos projets, eux, ne peuvent pas attendre.
En dernier conseil, si vous êtes en recherche de financement pour votre association, explorez toutes les pistes… et privilégiez celles qui correspondent réellement à vos moyens et à votre capacité d’action !


